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Le risque inondation dans les Ardennes

 

Si les Ardennes sont essentiellement soumises aux inondations lentes, dites "de plaines", du fait des débordements de la Meuse, de l’Aisne et de leurs principaux affluents (la Chiers, la Semoy et l’Aire), elles ne sont pas pour autant épargnées par les inondations plus rapides (voire torrentielles) des petits cours d’eau, ni par les ruissellements et les coulées de boue. Ces derniers phénomène tendraient d’ailleurs à monter en puissance au cours des dernières années.

 

Les crues lentes

Le département des Ardennes se situe à cheval sur deux grands bassins hydrographiques : celui du fleuve Meuse et celui de la rivière Aisne (affluent de l’Oise, elle même affluent de la Seine). On parle en pratique du bassin de la Meuse et du bassin Oise-Aisne.

Le bassin de la Meuse

La Meuse prend sa sources au pied du plateau de Langres, dans le département de la Haute Marne, à 384 m d’altitude. Sa partie française draine une surface de 9 000 km² et parcourt environ 450 km en traversant quatre départements (Haute Marne, Vosges, Meuse et Ardennes) et deux régions (Lorraine et Champagne-Ardenne). Mais la Meuse est un fleuve international qui draine également un partie de la Belgique, du Luxembourg, de l’Allemagne et des Pays-Bas, pour uen surface et une longueur d’environ 35 000 km² et 905 km. Ce sont au total 9 millions d’habitants qui vivent sur le bassin versant de la Meuse.

Dans les Ardennes, ses principaux affluents sont (de l’amont vert l’aval) la Chiers, la Bar, la Vence, la Sormonne, la Semoy, le Viroing et la Houille.

On peut distinguer trois types de crues :

  • les crues à prédominance amont (ex. : avril 1983) : les précipitations sont particulièrement fortes sur l’amont du bassin versant et les inondations y sont alors importantes mais le département des Ardennes n’est que peu ou moyennement impactée du fait de l’atténuation de l’onde de crue au cours de sa propagation
  • les crues à prédominance aval (ex. : décembre 1993) : les perturbations sont localisées sur l’aval du bassin versant (ou sur le bassin d’un affluents comme la Chiers) et les partie médiane et amont ne contribue que peu à la formation de la crue, les inondations peuvent alors être importantes dans les Ardennes et faibles dans les autres départements. On estime que cette crue a causé environ 115 M€ de dommages dans les Ardennes
  • les crues généralisées (ex. : janvier 1995) : les perturbations se succèdent sur l’ensemble du bassin versant et les ondes de crues concomitantes peuvent engendrer des inondations très importantes, plus spécifiquement sur l’aval du bassin versant. On estime que cette crue a causé environ 225 M€ de dommages dans les Ardennes

Le bassin de l’Aisne

L’Aisne prend sa source dans l’Argonne à Sommaisne, dans le département de la Meuse, à 240 m d’altitude. Elle parcourt 353 km et draine une surface d’environ 8 000 km² en traversant cinq départements (Meuse, Marne, Ardennes, Aisne et Oise) et trois régions (Lorraine, Champagne-Ardenne et Picardie) avant de se jeter dans l’Oise à Compiègne. Entre Sainte-Menehould et Rethel, elle reçoit son premier grand affluent, l’Aire. Le relief de cette zone est le plus élevé et le plus accidenté. Entre l’Aire et l’Aisne, les collines de l’Argonne ont une altitude voisine de 300 m et dominent d’une centaine de mètres le plateau calcaire de la Champagne. Ce bassin supérieur de plus de 3 000 km² a une grande aptitude au ruissellement et joue un rôle prédominant dans la genèse des crues. A l’aval de Rethel, l’Aisne aborde vraiment le plateau calcaire, zone où le ruissellement est beaucoup plus faible. Dès son entrée dans le département de l’Aisne, elle reçoit les principaux affluents rive gauche ; la Retourne, la Suippe et la Vesle. Cette zone a ainsi peu d’influence sur les pointes de crues. Au delà de Pontavert, l’Aisne quitte le plateau de Champagne proprement dit et coule dans des terrains plus variés. Ce sont au total 2,15 millions d’habitants qui vivent sur le bassin versant Oise-Aisne.

Dans le département des Ardennes, ses principaux affluents sont l’Aire et la Vaux. On notera également la Foivre, le Lametz, le Saint-Lambert, le PLumion et la Saulce (en rive droite), qui sont susceptible de participer à la formation des crues.

Si les Ardennes occupent la partie la plus en aval du territoire français du bassin de la Meuse, elles se situent sur un tronçon plutôt médian du bassin de l’Aisne et les enjeux sont également plus limités. Néanmoins, on peut toujours distinguer plusieurs types de crues :

  • les crues à prédominance amont : les précipitations sont particulièrement forte sur l’Aisne amont (en amont de Mouron) et sur l’Aire et les ondes de crues se forment avant la confluence et se propagent ensuite sans entraîner d’inondation majeure
  • les crues à prédominance "aval" : les précipitations sont localisées sur le secteur de l’Aisne moyenne (notamment les reliefs des crêtes préardennaises) et les affluents rives droites de l’Aisne réagissent rapidement en entraînant une hausse de niveau de l’Aisne. Là encore, les inondations de ce types ne sont pas susceptibles d’entraîner des désordres significatifs sur les communes riveraines de l’Aisne
  • les crues généralisées (ex. : décembre 1993) : d’importantes précipitations se succèdent sur l’ensemble du bassin versant et les ondes de crues formées à l’amont se superposent aux ondes localement formées par les affluents. Ces crues là sont susceptibles d’engendrer des inondations majeures sur l’Aisne dans les Ardennes. On estime que les inondations de décembre 1993 et de janvier 1995 ont respectivement causé environ 40 et 25 M€ de dommages dans les Ardennes

D’autres articles de la présente rubrique donnent plus de détails sur :

  • les crues historiques (impacts, photographies...)
  • La lutte contre le risque d’inondation (acteurs, moyens...)